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Crédits Carbone GC, quels potentiels revenus pour les agriculteurs ?

Crédits Carbone en Grandes Cultures, quels potentiels revenus pour les agriculteurs ?

Il faut avant toute chose rappeler que la France, comme tous les autres pays européens se sont engagés, dans le cadre du projet “Green Deal”, à la neutralité carbone pour l’horizon 2050. Qu’est-ce que la neutralité carbone ? La quantité de CO2 émise doit être équivalente à celle stockée. En l'occurrence, cet objectif n’est réalisable que s’il y a bel et bien une réduction des émissions et une augmentation du stockage de carbone, pas uniquement un des deux.

Certains agriculteurs n’ont peut-être pas encore compris leur rôle, les enjeux ainsi que les procédés de ce système. Nous allons, à travers cet article, éclaircir certains de vos questionnements au sujet des crédits carbone agricoles et plus spécifiquement en grandes cultures.

Qu’est-ce qu’un crédit carbone ?

Un crédit carbone est une unité correspondant à une tonne de CO2 ou équivalent qui est évitée en termes d’émission ou qui est séquestrée.

Par exemple, si la mise en place de leviers permet de séquestrer ou de réduire les émissions du système de culture de 100 Tonnes équivalent CO2, cela pourra donner lieu à la génération de 100 crédits carbone si les divers critères sont bien respectés.

Les principaux critères étant :

  1. L’additionnalité
  2. La mesurabilité par rapport à la référence
  3. Vérifiabilité
  4. Permanence
  5. Le non double compte

Que représente le secteur agricole dans les émissions de gaz à effet de serre de la France ?

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture Française représente 19% des émissions totales, soit 85Mteq CO2/an, avec environ 50% pour la partie élevage, 40% pour les cultures et enfin, 10% environ pour les engins agricoles.

Figure 1 : Émissions de Gaz à effet de serre du secteur agricole Français

Émissions de Gaz à effet de serre du secteur agricole Français

Source : L’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France de la production à la consommation, ADEME, Janvier 2019.

Afin d’atténuer ces émissions, le secteur agricole et forestier peuvent donc capter ces gaz à effet de serre grâce à la photosynthèse qui permettra de produire de la biomasse. Celle-ci sera donc stocké dans les sols à travers l’accumulation de matière organique.

Quels potentiels à l’échelle de la France ?

Dans l’étude menée par l’INRA dans le cadre du projet « 4 pour 1 000 » de 2019, il a été prouvé que le potentiel de stockage additionnel suite à la mise en place de pratiques stockantes est surtout dans les systèmes actuellement en grandes cultures, principalement la moitié Nord de la France.

L’extension des cultures intermédiaires (couverts végétaux) est le levier qui permet de contribuer le plus à ce potentiel (environ 2,01MtC/an, soit environ 7,33Mt eqCO2/an) car cela représente approximativement 16 Mha. Le stockage étant évalué à 0,126 tC/ha/an.

Source : Étude INRA "Stocker du carbone dans les sols français" - Rapport scientifique – 2020.

Les figures ci-dessus traduisent donc que le potentiel de stockage est élevé dans les régions de grandes cultures, moyen dans les régions de polyculture-élevages et faible dans les régions avec des systèmes herbagés ou viticoles.

Le Label Bas Carbone Grandes Cultures

L’objectif du Label Bas Carbone est de pouvoir mettre en relation des financeurs souhaitant acheter des crédits carbones et des acteurs qui veulent améliorer leurs pratiques pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre ou augmenter le stockage de carbone.

La méthode Grande Cultures se base sur un principe très simple qui est l’analyse des pratiques à un instant T, ainsi que sa projection avec ou sans la mise en place des pratiques. Les méthodes de calcul doivent être certifiées. Dans le cadre de la méthode Grandes Cultures, elle suit les principes du guide Gestim+ reprenant les différents outils certifiés ainsi que les formules de calcul d’émissions.

Evolution du stockage de carbone en fonction de la mise en place de nouvelles pratiques et leviers

On observe une diminution des émissions grâce à la mise en place de projet par rapport à la référence qui est les pratiques actuelles. Dans le cas présent, des crédits carbones peuvent donc être quantifier et certifiés à la 5ème année. La flèche représente la quantité qui peut ainsi être certifiée.

Le même schéma peut être réaliser sur le principe d’augmentation du stockage de carbone. Le principe de fonctionnement est identique, à savoir : on simule une évolution du stockage avec les pratiques actuelles et on simule également celles générés dans le cas du projet. Pour l’attestation de crédits carbones dû à une augmentation de stockage, il faudrait que le projet soit supérieur à la référence.

Le diagnostic des exploitations

L’étape de diagnostic est primordiale pour définir le point de départ. Celle-ci nous permet ainsi de modéliser d’une part l’évolution du stockage de carbone dans le sol et également les émissions liées à la conduite culturale.

Si vous souhaitez effectuer un Bilan GES de votre exploitation, n’hésitez pas à nous contacter sur sysfarm.fr ou directement par mail : contact@sysfarm.fr

Si vous souhaitez retrouver un exemple de diagnostic que nous restituons aux agriculteurs vous le trouverez ici : Quel est le Bilan Carbone d'une exploitation type de Seine-et-Marne ?

Pour réaliser un diagnostic il faut compter une heure afin que toutes les informations soient bien renseignées. Les informations qui y sont demandées ne sont rien d’autres que : rotations, type de travail du sol, fertilisation, rendements, type de sol, cultures intermédiaires.

Dynamique de stockage de Carbone dans le sol

Image issue du Bilan GES d’une exploitation partenaire.

Les étapes clés du projet

Les projets s’articulent principalement en 5 étapes :

  1. Étude du potentiel du projet.
      • Quantification de l’état actuelle des pratiques par le diagnostic
      • Estimation des réductions d’émissions ou augmentation du stockage en fonction des leviers choisis
      • Rédaction du projet
  2. Formalisation du projet.
      • Dépôt du projet
      • Consultation et vérification du validation
  3. Mise en place des leviers
      • Suivit des activités du projet
      • Vérification et contrôle
  4. Attestation et obtention des crédits carbones
  5. Vente des crédits carbones

Les leviers possibles en Grandes Cultures

Les leviers possibles en grandes cultures

Voici une synthèse des différents leviers qui peuvent être appliqués sur le système de culture dans le but de générer des crédits carbones.

Ces leviers vont soit avoir un effet sur la réduction directe des émissions de Gaz à Effet de Serre du système de culture soit sur l’augmentation du stockage de carbone dans le sol.

Pour ceux qui se poseraient la question :

La réponse est oui, grâce à la Méthode Grandes Cultures, vous serez en mesure de générer des crédits carbones. Comment ? Vos pratiques seront comparées par rapport à un référentiel départemental ou régional et si cette comparaison démontrera que :

Le nombre de crédits carbones sera alors déterminé sur l’écart par rapport à cette référence.

L’objectif de cette mesure est de permettre aux agriculteurs ayant déjà mis en place des pratiques telles que le semis direct, le non labour, des couverts végétaux ou encore des cultures associées, d’être rémunérés pour leurs bonnes pratiques.

Quel est le prix des Crédits Carbones ?

Étant donné que l’on est sur un marché de compensation volontaire, le prix de vente des crédits carbones est principalement dépendant des négociations entre acheteurs et porteurs de projet. Il faut tout de même comprendre qu’un crédit carbone est une unité reconnue à l’internationale. Un crédit carbone dans un pays en voie de développement, dans le cadre de plantation d’arbre, peut se négocier autour de 7€/crédit carbone.

Le tarif en France est plutôt compris entre 35€ et 45€/crédit carbone.

Chez SysFarm, nous souhaitons que l’agriculteur soit le principal bénéficiaire de la revente de ses crédits carbones. Nous nous engageons donc à travers un contrat, à restituer à l’agriculteur 90% des bénéfices liés à la revente de leurs crédits carbones après un prix garanti de 30€/crédit carbone.

Plus nous arriverons à négocier les crédits carbones des agriculteurs, plus ils seront rémunérés.

L’objectif est d’atteindre les 50-60€/crédit carbone qui permettrait dee couvrir la plus part des frais qui pourraient être générés dans la mise en place des leviers. Les coûts sont dépendant des systèmes de culture des exploitations agricoles.

Nous travaillons pour établir un référentiel précis pour donner à l’agriculteur de maximum d’indications.

Potentiel pour une exploitation type

La diversité des exploitations françaises fait que rien ne peut être parfaitement dupliquer à grande échelle. Chaque agriculteur doit prendre plusieurs éléments en considération pour mener à bien les différents leviers sur lesquels il serait amené à s’engager, comme :

En effet, ils sont tous plus ou moins liés. Pour prendre un exemple concret, il va être difficile pour des agriculteurs ayant des cultures à forte valeurs ajoutées comme des légumes ou cultures industrielles, de les substituer pour la mise en place de légumineuse. Le gain généré par la revente des crédits carbones ne compensera pas les pertes de bénéfices entre une culture de pomme de terre et un pois protéagineux de printemps par exemple.

Autre facteur, la productivité est importante, l’objectif n’est pas non plus d’arrêter de produire ou de perdre des rendements à cause de la mise en place de certains leviers, il faut maintenir de la pertinence dans tous les systèmes, sinon il suffirait d’implanter des prairies partout.

De ce que l’on a pu observer, en fonction bien sur des leviers qui sont mis en place, les agriculteurs peuvent espérer avoir un gain d’environ 0,5 à 1,5 crédit carbone/ha/an. Il faut donc bien s’assurer que la génération de ces crédits carbones puisse couvrir les éventuels frais engagés. 

Conclusion

L’agriculture est la solution la plus rapide et massive pour permettre d’atteindre la neutralité carbone. Il faut donc réussir à réunir les financeurs et les agriculteurs pour que les démarches soient entamées. En tout cas, il faut bien comprendre et retenir qu’il ne faut pas opposer Agriculture et Écologie, les deux étant au contraire, complètement liés.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à nous faire part de vos retours ou vos questions à l'adresse suivante : contact@sysfarm.fr 

Vous souhaitez réaliser un bilan de votre exploitation, rendez-vous sur le lien suivant : Formulaire Carbone