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Comment améliorer le Bilan Carbone de mon exploitation agricole ?

Introduction

L’objectif de cet article est de pouvoir fournir des éléments de réponses aux agriculteurs soucieux de l’environnement et souhaitant améliorer le bilan de leur exploitation.

Nous profiterons également de cet article pour identifier certaines pratiques et leviers qui permettront la génération de crédits carbone dans le cadre du Label Bas Carbone - Grandes Cultures.

Avant de vouloir améliorer le Bilan de mon exploitation je dois d’abord identifier des marges de progression.

Pour rappel, si vous voulez retrouver notre article sur le calcul d’un bilan GES d’une exploitation agricole vous le trouverez sur ce lien : Article Bilan Carbone Exploitation Agricole

Nous avons analysé les pratiques d’une exploitation agricole typique de Seine-et-Marne.

Il est également évident qu’il ne sert à rien d’améliorer les quantités de carbone stockées dans les sols agricoles si pour y parvenir cela a nécessité nettement plus d’émissions de gaz à effet de serre.

Le principal enjeu est donc de réussir à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en gardant un système productif et économiquement viable.

 

Exemple d’exploitation analysée

Reprenons donc l’exemple précédent : 

Les émissions annuelles des deux systèmes de culture représentaient 381,28 t éqCO2/an, soit 2,91 t éqCO2/ha/an. Une fois avoir soustrait ce chiffre au stockage de carbone on obtient un résultat de 159 t éqCO2/an d’émissions, soit à 1,21 t éqCO2/ha.

Les postes d’émissions les plus importants dans les 2 systèmes de culture sont :

 

Les leviers pour améliorer le Bilan de mon exploitation.

L’objectif n’est pas de diminuer les doses d’azote et de réaliser des baisses de rendement. Ceci serait contre-productif et pas économiquement viable.

En revanche, est-ce que l’on peut moins consommer d’engrais minéraux à l’échelle de l’exploitation en adaptant la rotation, en intégrant des légumineuses, ou encore en apportant des engrais organiques ?

En intégrant une légumineuse (luzerne, pois, soja, féverole…) ou toute autre culture peu gourmande en azote minérale, cela permettrait de réduire la quantité consommée par an sur l’exploitation.

La difficulté est d’assurer le débouché d’une « nouvelle culture » tout en réussissant à la valoriser correctement.

Ensuite, nous avons évoqué les amendements organiques, bien que les quantités d’azote minérale disponible soit dans certains engrais soit moindre, il peut être envisagé d’apporter environ 20 ou 30 unités durant la période des intercultures.

L’avantage des engrais organiques est qu’ils sont souvent composés de phosphore, de potasse et d’autres éléments fertilisants comme du soufre ou encore des oligos éléments. Ceux-ci étant souvent peu apportés pour des raisons économiques et parfois faiblement disponibles dans les sols agricoles. Ces types d’apports peuvent permettre un effet starter au démarrage de la culture et peuvent permettre de diminuer légèrement les quantités minérales restantes à apporter.

Si le rendement final est alors le même, l’objectif de réduction des émissions sera à alors rempli car le Bilan EGES d’un produit organique est plus faible qu’un engrais minéral. Le solde total à l’hectare aura alors diminué. De plus, ce type d’apport permettra également d’augmenter la quantité de carbone stockée dans le sol.

Pour ce qui est de la réduction du travail du sol ou de l'optimisation de la consommation des machines, ces leviers permettent une moins grande réduction des émissions que les leviers sur la fertilisation. Leur impact est nettement plus faible, de plus la complexité pour passer d’un système conventionnel avec du travail du sol à du semis direct est trop grande et le risque d'échec peut être important.

Ensuite, comme expliqué précédemment, l’augmentation du stockage de carbone permet d’atténuer le bilan global.

Les leviers principaux qui peuvent être mis en place sur l’exploitation sont :

 

La mise en place de ces différents leviers permettra donc au global d’améliorer le bilan carbone de l’exploitation. Cette amélioration peut être quantifiée de manière précise avec nos outils et ainsi générer des crédits carbone.

Choix des leviers pour le cas concret

Analysons la mise en place de leviers dans l’exemple précédent :

 

Nous considérons que tous ces leviers ne devraient pas impacter de manière significative les rendements donc nous les laissons tels quel.

 

Quel est l’impact sur le stockage du carbone dans les sols ?

Analysons les résultats :

Evolution du stockage de carbone dans le sol

La mise en place des projets évoqués précédemment va ainsi permettre d’augmenter le stockage de carbone dans les sols de 278 kg C/ha.

Ce qui, à l’échelle de l’exploitation (131 ha), représentera une augmentation de 36,42 t C stockées par an.

 

Quel est l’impact des leviers sur les émissions ?

Détail par culture :

Evolution des émissions de GES par cultures

La part des émissions a très fortement diminué sur la culture de la betterave, notamment grâce au retrait du labour.

On constate simplement que la part des émissions du colza a été augmenté à cause de la fertilisation organique.

Evolution des émissions de GES par poste

 

Quel est le Bilan GES après la mise en place des leviers ?

Si on l’observe désormais, le global, c’est-à-dire les émissions qui ont été générées en plus ou réduites ainsi que le stockage du carbone, on obtient le graphique suivant :

Bilan GES de l'exploitation suite à la mise en place de projets

On observe donc que les émissions des 2 systèmes de culture sont passés de 381,93 t éqCO2/an à 362,33 t éq CO2.

Quant au stockage, comme expliqué, celui a été amélioré, passant de 222,15 t C/an à 258,66 t C/an.

 

Le Bilan GES de l’exploitation avant la mise en place de projet était Négatif de 159,78 t éq CO2/an et est désormais Négatif de 103,67 t éqCO2/an.

L’agriculteur peut ainsi espérer une rémunération de 55,01 Crédits Carbones suite aux Rabais appliqués.


Avec un prix de 30€/unité, cela permettrait un gain annuel de 1 650€/an.

 

Rappel et indications

Pour rappel, ce gain n’est pas identique à toutes les exploitations, vous l’aurez compris, de nombreux facteurs entre en jeu dans le calcul des émissions et du stockage (le sol, la rotation, les rendements…).

L’objectif commun est bien d’atténuer la part des émissions issus du secteur agricole au niveau national et limiter au maximum le réchauffement climatique qui devient de plus en plus persistant.

 

Vous souhaitez effectuer un bilan de vos systèmes de culture ? Vous voulez également simuler ce que la mise en place de leviers pourrait générer comme crédits carbone ?

N’hésitez pas à nous contacter directement sur notre site sysfarm.fr ou par mail a l’adresse suivante : contact@sysfarm.fr